Les Conférences
:: La Mission du Christ - Fernand Lachambre - 1959
(Résumé par Ph. Deleuil)
On a écrit nombre de livres pour essayer de savoir qui était Christ et on a développé des thèses absolument différentes et contradictoires à ce sujet ; on a admis que Christ était un homme ordinaire, qu'il était Dieu, qu'il était le Fils de Dieu, qu'il était un vulgaire révolutionnaire et même qu'il n'avait pas existé.

Il faut essayer de se mettre dans l'ambiance d'il y a 2000 ans, afin de comprendre cette diversité d'opinions ; imaginons, par exemple, qu'actuellement un grand prophète se dresse en Nouvelle-Guinée, dans ce pays encore peu connu, que ce prophète essaie de donner une impulsion spirituelle aux retardataires de sa contrée, qu'il fasse des miracles et tente de soulever sa tribu. Pour nous, Européens, cet événement lointain n'aurait pas une grande importance et nous n'y attacherions qu'un intérêt minime.

Or, il y a 2000 ans, il n'y avait pas d'imprimerie, 95 % des gens étaient illettrés, il n'y avait ni radio, ni télévision ; aussi, vis-à-vis des Romains, l'aventure de Jésus passa matériellement inaperçue et resta confinée à la Judée. Les philosophes du moment ne relatèrent que très peu de faits concernant Jésus, sauf Philon le Juif ; aussi, n'avons-nous que de rares documents précis sur Jésus le Christ.

Christ n'a jamais écrit ; IL n'a donné qu'un enseignement oral dont Il appréciait l'importance, car Il le déclare : "Les cieux et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais" (Matthieu XXIV-35). Christ voulait nous indiquer que ses paroles étaient enregistrées pour toujours, sous forme de clichés, dans les couches intérieures de la Terre et que l'initié pourra les retrouver quand il le désirera.

D'un autre côté, les premiers disciples de Christ eux-mêmes n'étaient pas toujours d'accord sur les faits relatés et sur la façon d'interpréter ce que le Maître a pu dire ; la plupart des apôtres étaient illettrés, sauf Luc, le médecin, et Jean ; Matthieu percevait les taxes au poste frontière de Capharnaüm et avait une certaine instruction.
Aussi, l'enseignement initial de Christ fut-il transformé dès qu'il commença à être diffusé.

Il y a quelques années, la découverte des Manuscrits de la Mer Morte fit couler beaucoup d'encre et les conclusions de ces études ne sont pas toutes identiques. Le seul intérêt effectif, pour nous, est que ces Manuscrits sont un témoignage de l'enseignement donné à cette époque par les Esséniens ; ceux-ci formaient une secte juive à côté des Pharisiens et des Sadducéens entre autres, comme aujourd'hui il y a des Catholiques, des Protestants, des Francs-maçons, des Rosicruciens, etc. Ces Manuscrits de la Mer Morte font apparaître l’existence d'un grand Maître de Justice, un Instructeur, vivant 100 ans avant Jésus.

La découverte en 1947 de ces Manuscrits confirme la réponse faite par Max Heindel à une question qui lui fut posée ; il indiquait que 100 ans avant Jésus était apparu cet Intructeur.

Max Heindel d'un côté, H.P. Blavatsky d'un autre (pour la Lumière d'Asie) ont fait des révélations dont on découvrit peu à peu les preuves matérielles ; ainsi, la radio et la télévision ont démontré l'existence de clichés transmis par la voie des airs ; il est même intéressant d'indiquer que, lorsqu'une émission de radio est réalisée, n'importe qui, ayant un poste étalonné convenablement, peut recevoir le message envoyé sur les ondes.
Lorsqu'on a étudié, du point de vue ésotérique, ces clichés dans la mémoire de la Nature, on peut voir le film exact de la vie du Christ, telle qu'elle s'est produite. Nous connaissons les difficultés qui se présentent pour relater des faits actuels avérés ; les reporters ont chacun leur point de vue et ne donnent qu'un aspect de la réalité ; aussi comprend-on que les événements se cristallisent d'une certaine façon quand il n'y a pas de documents précis pour justifier le récit présenté.

Mais on juge un arbre à ses fruits et on s'aperçoit, dès aujourd'hui, de l'influence de l'enseignement du Christ sur l'évolution de l'humanité ; plus tard, quand nous serons effectivement dans l'ère du Verseau, cette influence christique sera encore plus grande. Ainsi, avant que Christ ne parût, il n'était jamais question de pardonner à ses ennemis ; seul Bouddha avait recommandé un certain état de compassion envers autrui, mais il n'alla pas jusqu'à l'amour du Christ et son esprit de pardon.

La vie sur terre est liée au système solaire ; la vie de celui-ci est liée à celle de notre galaxie le contenant : de même, la vie de cette galaxie est liée à celle des autres galaxies de l'Univers : ainsi, dans le Cosmos, tout est réglé depuis l'émission du Son initial du Verbe, en cycle régulier. Il y a un plan de la manifestation de la vie et, pour que se réalise ce plan, il est nécessaire que tout soit suivi conformément à ce plan primordial. Ainsi, une plante qui a germé avec un certain retard et qui n'a plus eu toutes les conditions suffisantes pour lui permettre de poursuivre son développement, cette plante n'arrivera pas à maturité et ne produira pas de fruits.

Il en est de même pour les humains ; les retardataires gênent l'évolution de l'ensemble de l'humanité, car ils ne peuvent s'accorder au rythme toujours plus élevé. De deux choses l'une, ou bien il faudra qu'une nouvelle Lune se détache de la Terre et entraîne avec elle des retardataires, ou bien il faudra qu'un Instructeur nouveau se présente et que cet Instructeur soit d'une hiérarchie supérieure, que ce soit Dieu ou le Fils de Dieu !

Ce retard dans l'évolution de l'humanité provient, en grande partie, d'une cristallisation émotionnelle de la Terre produite par l'égoïsme humain. Avant la naissance de Jésus, le Soleil était, par précession, dans le signe du Bélier ; le signe opposé est la Balance ; c'était l'époque de l'ancienne Loi, celle de « oeil pour oeil et dent poux dent » (Exode XXI-24; Lévitique XXIV-20) ; c'est la signification du symbole de la Balance, la justice par la loi du talion.

Quand le Christ parut, on passait de l'ère du Bélier à celle des Poissons, dont le signe opposé est la Vierge ; Jésus naquit, en effet, quand le Soleil passait par précession des équinoxes à environ sept degrés du Bélier. Nous constatons non seulement l'apparition d'un nouvel enseignement, mais aussi une considération plus grande de la femme et le culte de la Vierge. Depuis 1850 environ, nous subissons l'influence de l'orbe du Verseau qui ouvre une période scientifique. La science fait des progrès considérables et l'on met au point des découvertes importantes. Le signe opposé au Verseau est le Lion, le fils de Juda (Genèse XLIX-9 ; Juda est un jeune Lion ...), qui conduit à une dévolution plus grande du Christ et spécialement du Sacré Cœur de Jésus, au détriment du reste du culte de la Vierge ; le cœur est, en effet, un des emblèmes de la stigmatisation.

C'est par la science que l'on découvrira la réalité de la manifestation mystique ; la radio explique le phénomène de la transmission de la pensée et démontre l'existence de l'éther conducteur de ces ondes sonores et lumineuses.

Du fait de la cristallisation indiquée tout à l'heure, il y avait nécessité de recevoir une impulsion nouvelle; il était indispensable que vienne un grand prophète qui ne se contente pas uniquement d'apporter un enseignement nouveau, mais qui accepte de se sacrifier afin d'aider les retardataires à rattraper leur retard, car ces retardataires formaient un bon tiers de l'humanité de ce moment et étaient d'un poids considérable, ralentissant l'évolution normale prévue de celle-ci.

Aussi, la mission de Christ devait-elle être triple :
  • Apporter à l'humanité cette impulsion spirituelle nécessaire, d'où ces quatre évangiles, qui sont autant de manuels d'initiation applicables aux différentes sortes de mentalité. Si ces quatre évangiles avaient étaient identiques, un seul aurait suffi ; leur présentation différente est une nécessité ; ce qui est identique, c'est la Bonne Nouvelle apportée.
  • Aider et Sauver les retardataires, grâce au sacrifice complet, au don total de soi du Christ qui a accepté cette mort sur la Croix ; c'est pourquoi : "II vint pour sauver ce qui était perdu" (Luc XIX-10) et aussi : "Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs" (Marc II-17).
La porte de l'initiation était fermée, le Voile du Temple était, lui aussi, fermé ; l'accès en était caché par les nuages émotionnels ; il est nécessaire que nous traversions ces nuages pour atteindre la Lumière.

Pour pouvoir, sans danger, effectuer ce passage, il faut nous recouvrir d'une carapace, d'une sorte de scaphandre constitué par la Robe nuptiale d'Or, le Corps de l'Ame formé par les deux éthers supérieurs ; sans cette précaution, il pourrait se produire un déséquilibre émotionnel pouvant conduire à la folie.

Au moment où Christ est venu sur terre, il était presque impossible de réaliser cet exploit; les Mondes supérieurs nous étaient fermés et il était dangereux de tenter d'y pénétrer sans une protection spéciale. Les gourous de l'Orient s'entourent de quelques disciples et gardent ceux-ci dans leur aura éthérique, ce qui les soustrait relativement à tout danger, mais les laisse cependant sous la dépendance spirituelle d'un homme, devenant leur maître effectif et coiffant leur personnalité, constituant également une certaine limite, car « Le disciple n'est pas plus grand que le maître » (Matthieu X-24), et le gourou n'est qu'un homme et non Christ.

La venue de Christ a permis que soit déchiré le voile du Temple (Matthieu XXVII-51), cela a permis à tous de reprendre le sentier de l'initiation. C'est là la signification de la parabole du Banquet ou des Noces (Matthieu XXII-1) : les invités, c'étaient les prêtres ; ceux-ci n'ont pas reconnu le Maître selon l'ordre de Melchisédech (Psaume CX-4; Hébreux VII-1 et 2) ; ils n'ont pas daigné venir écouter l'enseignement offert, ils se sont même dressés contre l'Instructeur par excellence. Aussi, Christ fit-il appel à la masse, à tout le peuple afin que celui-ci puisse participer à ce festin spirituel qui calmerait leur faim de science et de connaissance.

Le sentier de la foi peut conduire lui aussi vers une certaine illumination. Voyons d'abord le cas du Saint Curé d'Ars, homme simple, ayant conservé une âme d'enfant, malgré les appels terribles de la chair et de la sensualité. Sa foi simple lui a permis de vaincre les attaques du démon de la chair et il est devenu un modèle pour les prêtres. De même, Saint François d'Assise était très simple ; par son ascèse et ses purifications nombreuses et cruelles, il a fait surgir des stigmates dans sa chair, ce qui indique que son corps éthérique était prêt à se détacher et qu'il atteignait les Portes du Royaume.

Christ est venu au moment où allait commencer la période karmique des Poissons ; Jésus est né à Noël. C'est du reste l'époque où naissent tous les grands Instructeurs, quand le Soleil entre dans le signe du Capricorne et que le signe de la Vierge à minuit monte à l'horizon, le milieu du ciel étant occupé par le Cancer. Le 25 décembre est effectivement le commencement d'une nouvelle année ; si, après les trois jours d'apparente immobilité, le Soleil ne remontait pas, les jours n'augmenteraient pas de durée, apportant plus de lumière, de chaleur et de vie, la végétation disparaîtrait de la surface de la terre et la famine suivrait à bref délai ; aussi, depuis que l'homme s'est rendu compte de ces mouvements stellaires, il a marqué cette journée du 25 Décembre de festivités nombreuses, que l'on retrouve dans tous les pays.

Mais qui était le Christ ? La découverte des Manuscrits de la Mer Morte a permis de mieux connaître une secte assez mystérieuse jusqu'ici : celle des Esséniens, dont une préoccupation importante était la purification du corps physique par l'eau ; en supprimant presque complètement les activités sexuelles, en s'habillant de vêtements blancs ; les adeptes de cette secte avaient donc un corps beaucoup plus pur au point de vue physique ; végétariens, ils étaient moins méchants que la majorité des autres êtres.

Aussi, le corps qui devait servir de vêtement à Christ a-t-il été choisi parmi les adeptes de cette secte : Joseph et Marie étaient en effet deux Esséniens particulièrement préparés à la Mission qui allait leur être donnée.

Jésus, le fils de Joseph et de Marie, appartenait donc à notre humanité, il faisait partie de notre vague de vie, c'était un homme ; dès son plus jeune âge, il connut le but de sa mission, aussi fit-il un effort tout spécial pour maintenir en état de pureté son corps physique, afin de pouvoir séparer facilement les deux éthers supérieurs.

Quand il eut trente ans, il s'en alla vers Jean le Baptiste qui baptisait dans les eaux du Jourdain ; c'est au moment de ce baptême précisément qu'eut lieu cette Incarnation de Christ qui, Lui, n'appartient pas à notre humanité. Christ était un archange, le plus évolué, le plus grand Initié ; IL avait passé son stade humain pendant la Période du Soleil. Par son développement spirituel, IL avait uni sa conscience à celle du Père, le Dieu de notre système solaire.
Du fait de son développement spirituel, IL aurait pu créer, diriger et développer son propre système solaire, mais Il a choisi de venir au secours de notre humanité. IL s'est sacrifié complètement pour nous, car IL reste uni à notre Terre, étant devenu le Régent de notre planète depuis sa mort sur la Croix.

La Mission de Christ commença donc lors du baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain, elle se précisa à la Crucifixion, lors du Sacrifice suprême, elle se terminera quand l'ensemble de l'humanité sera apte à le recevoir à Son retour, lorsque nous aurons purifié et développé notre corps éthérique.

Une des conséquences du Message de Christ fut de briser les castes ; en Europe, ce n'est qu'en 1789 que la distinction entre le noble et le vilain disparut ; pour l'Orient, cette libération fut beaucoup plus difficile ; c'est Gandhi qui réussit à faire disparaître cette notion de castes et qui donna une certaine personnalité aux parias et aux intouchables ; dans certains pays perdure encore l'esclavage ; le déclin de cette institution marque le progrès de l'humanité, grâce à l'impulsion de Christ. Et cette impulsion est donnée dans les quatre Evangiles qui sont autant de formulaires d'initiation correspondant aux quatre éléments : Terre, Air, Eau, Feu.

La vie de Jésus, le Christ, doit être pour nous un exemple que nous devons suivre ou symboliquement ou effectivement ; nous devons réaliser cette naissance en la grotte secrète et humble de notre coeur, nous devons subir aussi les tentations dans le désert de notre vie et nous devons vaincre celles-ci au cours des épreuves et des opportunités de notre destin ; nous devons aussi nous libérer de la croix de notre chair à laquelle nous restons attachés par les cinq points de contact de la couronne d'épines.

Nous ne sommes pas tous appelés à suivre un développement initiatique en cette vie ; nous appartenons à différentes classes de la grande école de la vie et nous gravissons lentement l'échelle, n'étant admis dans la classe supérieure que lorsque nous nous sommes montré dignes de cet avancement, de cette élévation.

Mais Christ a pénétré le corps du désir de la Terre, aussi peut-IL nous envoyer du secours et nous aider efficacement dans notre évolution. IL peut être considéré comme un poste d'émission envoyant sans cesse des ondes curatives et spirituelles ; nous sommes le poste récepteur ; à nous de savoir tourner le bouton, d'établir l'accord nécessaire et de recevoir les ondes entretenues que nous transformons en vie, santé, connaissance et lumière. Nous savons que le nombre de postes récepteurs de télévision, par exemple, n'a aucune importance sur la qualité, la netteté de la réception et la puissance des émissions effectuées par un seul poste émetteur. De même, Christ est inépuisable de bonté et d'amour, c'est à nous de savoir recueillir ces flots d'harmonie, de tendresse et de science ; c'est à nous aussi de savoir être le canal déversant de ces ondes d'Amour et de Vie autour de nous.

Il faut bien se persuader qu'en toute circonstance, nous pouvons toujours recevoir le secours désiré ; nous n'avons qu'à nous retirer dans le secret de notre chambre et avoir la Foi de vouloir tourner le bouton ; il faut sortir son antenne par la Foi. Il y aura toujours des ondes à capter, à assimiler ; notre appel sera toujours entendu.
Celui qui ne sait pas s'unir ainsi directement à Christ peut demander de l'aide à un Instructeur ; mais il ne doit pas oublier que seul l'Instructeur déclarant parler au nom du Christ doit être écouté. Christ est le seul moyen qui puisse conduire au Père. IL est le seul détenteur des paroles de vie éternelle, d'Amour infini. IL l'a dit lui-même : "Je suis la Voie, la Vérité, la Vie. Nul ne vient au Père que par moi". (Jean XIV-6).

Aussi, pour terminer cet exposé, nous vous incitons à bien méditer sur la véritable nature de Christ et comprendre comment IL est le Canal unique qui peut nous conduire au Père. Disons avec l'apôtre Pierre : "Seigneur, auprès de qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle". (Jean VI-68).


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Conférence inspirée de l'Enseignement rosicrucien
légué à Max Heindel par les Frères Aînés de la Rose-Croix.

 

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